DiCovid-19

Le dictionnaire du Covid-19

Par Henri Goursau, lexicographe, rédacteur du dictionnaire anglais/français de médecine et du dictionnaire anglais/français de dialogue médical comprenant 5000 phrases pour soignants et malades.

Premier dictionnaire français pour aider à comprendre les termes et expressions liés à la pandémie actuelle de coronavirus (Covid-19)

Quatre règles à suivre pour freiner l’épidémie de coronavirus : respecter le confinement, accomplir les gestes barrières de distanciation sociale, d’hygiène individuelle des mains et de port du masque.

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Il y a 47 noms dans ce répertoire commençant par la lettre C.
CARE
Abréviation de « Comité analyse, recherche et expertise ». Face à une crise sanitaire d'ampleur mondiale, la prise de décision publique se doit d'être éclairée par des experts scientifiques. C'est pourquoi le Président de la République a mis en place, le 24 mars 2020, le Comité CARE Covid-19. Il est composé de douze chercheurs et médecins, internationalement reconnus, et présidé par Françoise Barré-Sinoussi, virologiste à l'Institut Pasteur/Inserm, prix Nobel 2008 de physiologie-médecine et découvreuse du virus du SIDA. Le CARE travaille en lien étroit avec le Conseil scientifique déjà en place. Deux membres du Comité scientifique sont également membres du CARE comme l'infectiologue et épidémiologiste Yazdan Yazdanpanah ou l'anthropologue Laëtitia Atlani-Duault. Le CARE a pour mission de proposer un éclairage public et indépendant concernant la mobilisation de nos capacités de recherche et d'innovation pour lutter contre l'épidémie. Installé auprès d'Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, et de Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, il remplit une fonction d'expertise scientifique rapide, à la demande du gouvernement, auquel il propose des avis qui peuvent permettre d'affronter la crise sanitaire ou la période de sortie de crise. Il analyse la pertinence des nombreuses propositions scientifiques, technologiques et thérapeutiques innovantes pour lutter contre le Covid-19, remontant d'une grande diversité d'acteurs, scientifiques, laboratoires de recherche, entreprises, biotechs. Il produit aussi des notes thématiques de synthèse adressées aux ministres chargés de la Santé et de la Recherche.

Carte du déconfinement
Cette carte représente la situation sanitaire relative à l’épidémie de Covid-19, au fil des jours, et département par département. Les départements sont classés en vert, orange ou rouge en fonction de deux critères : le niveau de circulation du virus et la tension hospitalière sur les capacités de réanimation. À partir du lundi 11 mai 2020, le déconfinement va se dérouler en partie selon cette carte de France, où ont été classés les départements en vert, orange ou rouge selon que l’épidémie de coronavirus est active ou moins menaçante. Cette carte, mise à jour quotidiennement, doit permettre d’adapter le déconfinement aux réalités locales, selon les mots du Premier ministre Edouard Philippe.

Cas autochtone
Cas confirmé et sans notion de voyage en zone d’endémie dans un délai compatible avec la date d’apparition de l’infection observée. Personne ayant un lien indirect ou n’ayant aucun lien avec un cas importé.

Cas autochtone secondaire
Personne ayant un lien direct avec des cas importés.

Cas avéré
Cas testé positif au coronavirus. Cas positif au Covid-19 pris en charge et isolé.

Cas confirmé
Cas de résultat positif après un test diagnostic. Patient, symptomatique ou non, avec un prélèvement biologique confirmant la présence du SARS-CoV-2. Personne qui a un diagnostic confirmé par test de laboratoire de Covid-19.

Cas contact
Personne ayant été en contact avec un malade ou d’un porteur du virus. Certaines personnes peuvent être identifiées comme des cas contact à haut risque.

Cas de transmission locale
Cas en lien direct ou indirect avec un cas importé.

Cas graves
Patients en réanimation. 73% des patients en réanimation sont des hommes et 55% ont plus de 65 ans. Et pour beaucoup les malades souffrent de comorbidités (diabète, hypertension artérielle, pathologie cardiaque, pathologie pulmonaire, obésité, troubles psychiques, etc.).

Cas importés
Cas de malades rentrant de l’étranger et qui ont contracté la maladie en dehors du territoire français. Personnes qui ont voyagé dans une zone contaminée et ont ramené le virus en France. Ressortissants de retour de l’étranger testés positifs ou cas de contamination au coronavirus dus à des personnes arrivant de l’étranger, avec le risque d’une 2e vague épidémique apportée par ces voyageurs internationaux. Toute personne entrant dans un pays devrait se voir imposer une mise en quarantaine de 14 jours.

Cas index
Premier cas identifié d’une maladie ou d’une affection donnée dans une population ou un groupe et pouvant conduire à suspecter l’existence d’autres cas de cette maladie.

Cas positifs au Covid-19
Patients atteints par le Covid-19. Personnes testées positives au Covid-19.

Cas possible
Patient présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë avec de la fièvre ou une sensation de fièvre et ayant séjourné ou voyagé dans une zone d’exposition à risque. Personne chez laquelle des symptômes d’infection aiguë des voies respiratoires inférieures ou supérieures apparaissent ou s’aggravent lorsque le patient a des symptômes respiratoires chroniques. Si le patient présente des symptômes légers il est mis en isolement à la maison et s’il présente des symptômes sévères avec un risque élevé le patient est envoyé à l’hôpital.

Cas présumé
Ou cas présomptif. Comment savoir si vous êtes infecté par le nouveau coronavirus ? Les cas positifs ou confirmés sont identifiés par des tests de laboratoire. Les cas présumés ne le sont pas. Si vous présentez des symptômes compatibles avec le Covid-19 avec fièvre, toux sèche et encombrement des poumons et avez eu un contact avec un cas confirmé, vous êtes toujours considéré comme « présumé ».

Cas probable
Toute personne présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë dans les 14 jours suivant un contact étroit avec un cas confirmé ou des signes visibles au scanner thoracique évocateurs de Covid-19.

Cas secondaire
Cas directement lié aux cas importés.

Cas suspect
Personne suspectée d’être infectée au Covid-19. Personne présentant certains symptômes d’une maladie ou qui a été exposée à une source d’infection.

Cas symptomatique
Personne qui présente des symptômes du coronavirus (toux, fièvre, essoufflement, etc.). Personne présentant des symptômes évocateurs de Covid-19.

Cause de la maladie du Covid-19
La maladie émergente du Covid-19 est due au coronavirus SARS-CoV-2, dont la chauve-souris et le pangolin, un mammifère à écailles, sont les deux seules espèces animales hébergeant des coronavirus proches du SARS-CoV-2. Le SARS-CoV-2 partage 96% de séquences génétiques avec le coronavirus de la chauve-souris. Il est clair que le virus a une origine animale naturelle. Le plus probable est qu’un virus venant d’une chauve-souris s’est mélangé ou combiné avec un virus venant d’un pangolin avant d’atteindre l’homme. Le pangolin est suspecté d’avoir transmis la maladie à l’homme.

Charge virale ou titre viral
C’est le nombre de copies d’un virus dans un volume de fluide donné. Elle correspond au nombre de particules virales portées par un individu infecté et qu’il peut répandre dans son environnement. C’est la quantité de virus présent dans le sang, la salive ou encore d’autres sécrétions. Plus la charge est élevée, plus l’infection est prononcée et plus la personne est contagieuse. Ce serait donc un indicateur de la gravité ou de la sévérité de la maladie du Covid-19. La seule activité du virus consiste à faire des copies de lui-même. Le test de la charge virale permet, par une prise de sang, d’évaluer la quantité de virus par millilitre de sang. Ces résultats indiquent si le virus est très actif dans sa reproduction ou bien s’il est moins actif et permettent d’évaluer la vitesse de progression de l’infection et aussi de mesurer l’efficacité des traitements. Lors de tests, on s’est rendu compte que la charge virale des personnes atteintes du coronavirus était forte dans le nez au début de la contamination. Mais on ignore encore quelle est la charge virale minimum pour attraper le Covid-19.

Chloroquine
Il s’agit d’un médicament indiqué dans le traitement curatif et la prévention du paludisme mais aussi pour traiter la polyarthrite rhumatoïde (maladie des articulations), certains lupus et en traitement préventif des lucites (allergies au soleil). La chloroquine porte le nom commercial de Nivaquine, vendue sous forme de comprimés sécables à administrer par voie orale. Ce médicament aurait des propriétés antivirales efficaces contre le Covid-19. Et elle fait partie des médicaments testés contre le Covid-19 avec des risques et résultats, qui sont encore très discutés. Ses effets indésirables sont le plus souvent légers et transitoires, mais ils peuvent être graves, surtout au niveau du cœur (arrêts cardiaques). La chloroquine demeure une substance potentiellement dangereuse. Le surdosage induit notamment des troubles cardiovasculaires graves et parfois mortels. Aussi l’utilisation en ville et en automédication est fortement déconseillée, les autorités autorisant l’usage de la chloroquine uniquement à l’hôpital. Le Professeur Didier Raoult, qui vante l’effet de la chloroquine sur le coronavirus, souhaite ardemment que l’on en fasse un usage massif et a annoncé vouloir l’utiliser pour traiter ses patients dès le début de la maladie. Cependant la méthodologie utilisée est critiquée par le monde médical, en attendant des résultats plus précis et de réels retours d’expériences.

Chlorpromazine
Il s’agit d’un médicament antipsychotique qui peut soulager les symptômes de la psychose comme les idées délirantes et les hallucinations. C’est le plus ancien traitement antipsychotique de l’histoire. Cette molécule bien connue, développée dans les années 1950, n’entraîne pas chez les patients habituels de dépendance, ni d’altération de la respiration. Plus largement, les antipsychotiques sont la principale catégorie de médicaments utilisés contre la schizophrénie et les troubles de la bipolarité. Ce médicament est efficace contre les coronavirus, une famille de virus dont l’un d’entre eux est à l’origine de la maladie de Covid-19. Depuis le début de l’épidémie, les services de psychiatrie constatent une faible prévalence de formes symptomatiques et sévères du Covid-19 chez les patients atteints de troubles psychiques. Les patients hospitalisés en unité psychiatrique souffrent moins de Covid-19 que les soignants. Et c’est ainsi que les médecins ont commencé à faire le lien entre la prise de chlorpromazine et le faible taux de contamination chez les patients. La chlorpromazine pourrait agir comme un inhibiteur de l’entrée du virus dans les cellules ou endocytose. Ce phénomène serait opérant à des stades précoces, mais aussi tardifs de l’infection. Un essai clinique est lancé à Paris sur 40 patients hospitalisés en unité Covid+, non psychiatriques, présentant des formes sévères, mais qui ne sont pas en réanimation. La moitié des patients recevra la chlorpromazine et le traitement standard (oxygène, hydratation, anti-coagulants si nécessaire, etc.) et l’autre le traitement standard. Le projet ReCoVery, lancé en partenariat avec l’Institut Pasteur dont le GHU Paris Sainte-Anne, est la première étude mondiale visant à analyser l’effet thérapeutique de la chlorpromazine (Largactil) sur le Covid-19. Il s’agit d’un essai clinique sur l’effet antiviral d’un neuroleptique, la chlorpromazine, sur le Covid-19, qui doit être confirmé et dont les premiers résultats seront connus prochainement.

Clapping
Désigne les applaudissements quotidiens aux balcons et aux fenêtres pour le personnel soignant.

Cluster
Anglicisme. C'est un terme anglais qui signifie littéralement "grappe", "groupe", "amas", "agrégat" ou "cas groupé". Le cluster correspond à un foyer de contamination ou à un foyer d’épidémie. Ce terme désigne un regroupement élevé de cas de personnes atteintes d’une même maladie au même endroit, au même moment, et avec une diffusion active. Dans le cas d’une épidémie telle que le Covid-19, un « cluster » s’apparente à un foyer de contamination ou à un groupe de personnes infectées par le coronavirus. Plus précisément, dans le cas de la pandémie de Covid-19, les autorités sanitaires emploient ce terme lorsque l’on dénombre au moins 3 cas confirmés ou probables de contamination au Covid-19, sur une période de 7 jours, et que ces personnes appartiennent à une même communauté ou ont participé à un même rassemblement et ce, qu’elles se connaissent ou non. On parle aussi de foyer de contagion ou d’infection, de foyer d’une maladie contagieuse ou de chaîne de transmission, d'agrégat spatio-temporel. Un cluster peut apparaître n'importe où : au sein d'un foyer familial, d'une école, d'un établissement de soins ou encore d'une entreprise.

Comorbidité
Les patients atteints du Covid-19 souffrent souvent de comorbidités. Il s’agit de maladies préexistantes qui peuvent rendre une personne plus vulnérable aux effets du coronavirus comme le surpoids, l’obésité, l’hypertension, le diabète, les troubles respiratoires chroniques, les pathologies cardiovasculaires, les cancers, etc. La présence de comorbidités semble accroître fortement le risque de complications graves et ainsi d’hospitalisations ou de décès.

Confinement
Synonyme de « restez chez vous ». Seul moyen de casser la chaîne de transmission du virus et de ne pas tomber malade. Il s’agit de mesures de sécurité sanitaire, de mise à l’abri des populations, de restrictions des mouvements et de précautions prises afin d’empêcher la dissémination d’un virus et donc la propagation d’une épidémie. Ce sont des actions visant à restreindre la liberté d’une personne en la protégeant dans un espace clos, en l’obligeant à rester enfermée seule ou avec ses proches sur une durée en un certain endroit, à de ne pas quitter son domicile ou son lieu de vie afin d’éviter tout contact humain propice à la propagation d’une maladie infectieuse. Et ceci afin de lutter contre les épidémies ou pandémies. En résumé ce terme est synonyme d’isolement dans des espaces clos sur une durée et de restrictions strictes de contacts humains et de déplacements en réponse à la pandémie du Covid-19. Et dans le cas du Covid-19, le confinement se traduit par une interdiction totale de sortie des personnes de leurs logements excepté pour accéder à des services essentiels comme aller travailler, se soigner, faire ses courses alimentaires, etc. Il peut être décidé un confinement général de la population pour une certaine durée. Des mises en quarantaine ou en quatorzaine sont aussi des mesures de confinement.

Conseil National de l’Ordre des Médecins
C’est un organisme professionnel, administratif et juridictionnel de défense et de régulation de la profession médicale. Être au service des médecins dans l’intérêt des patients, tel est l’engagement de l’Ordre des médecins. Le Conseil national est constitué de 58 membres dont 56 conseillers nationaux élus par les conseillers départementaux auxquels s’ajoutent un membre désigné par l’Académie de médecine et un conseiller nommé par le/la garde des Sceaux. Son président est le Dr Patrick Bouet, depuis 2013.

Conseil scientifique Covid-19
A la demande du président de la République française, le Conseil scientifique Covid-19 a été institué le 11 mars 2020 par Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, pour éclairer l’exécutif dans la gestion de l’épidémie de coronavirus et l’assister dans la prise de décision. Elle est présidée par le professeur Jean-François Delfraissy, spécialiste de l’infectiologie et de l’immunologie. Ce conseil comprend 11 membres. L’avis de ces experts placés auprès d’Emmanuel Macron érige la santé publique en priorité absolue, quand l’exécutif tient compte des impératifs économiques. Le conseil scientifique, qui est consulté par le président de la République et les ministres avant leurs prises de décision, fait part de ses recommandations dans des avis. C’est ce même conseil qui a orienté l’exécutif vers la voie du confinement, comme sur les modalités globales du déconfinement, avec la levée progressive et contrôlée du confinement.

Contact tracing
Appelé suivi des interactions sociales. Lorsqu’un cas de coronavirus est détecté, démarre la procédure de contact tracing. Les autorités sanitaires vont tenter de retracer l’historique du patient infecté et d’identifier tous les contacts qu’il a pu avoir. Une procédure de recherche, qui s’avère longue et complexe, de toutes les informations sur les rencontres faites par une personne contaminée, permettant de remonter à des patients sources, d’identifier des chaînes de contamination et de freiner la diffusion de l’épidémie. L’idée est de prévenir les personnes qui ont été en contact avec un malade. Lorsque deux personnes se croisent pendant une certaine durée, à une certaine distance rapprochée, le téléphone de l’un enregistre les références de l’autre dans l’historique. Cet outil de traçage numérique pour Smartphones, des personnes atteintes par le Covid-19, reposerait sur l’activation du Bluetooth.

Contagiosité
Correspond à la capacité d’un virus de déclencher une maladie chez une personne contaminée. C’est le nombre moyen de personnes auxquelles un malade risque de transmettre la maladie. Les scientifiques la désignent par « Ro ». Si Ro est supérieur à 1, alors la maladie tend à s’étendre d’elle-même. Pour le Covid-19, on estime le taux de contagiosité du virus SARS-CoV-2, la valeur de Ro, entre 2,2 et 2,7. Un malade contamine donc en moyenne deux personnes et demi. Des scientifiques américains le situeraient entre 3,8 et 8,9. Cela voudrait dire qu’une personne contagieuse va infecter en moyenne entre quatre et neuf personnes. La contagiosité d’une personne peut durer longtemps (une à trois semaines). Après la guérison clinique, près d’un tiers des malades continent à excréter du coronavirus et restent contagieux pendant au moins une semaine. Le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la maladie Covid-19, est considéré comme un virus particulièrement contagieux. Néanmoins dans 60 à 80% des cas, une personne infectée présente une forme bénigne de la maladie ou bien ne manifeste aucun symptôme. Mais certains malades développent des atteintes pulmonaires, neurologiques ou encore rénales.

Contamination
Lorsqu’on tousse ou on éternue, on expectore une nuée de postillons qui sont autant de missiles porteurs de particules virales infectieuses (virions), conçus au sein du système respiratoire. Ces postillons, des gouttelettes issues du système humide de nos voies respiratoires et notre gorge, sont aussi expulsés lorsque nous parlons. En cas de quinte de toux ou d’éternuement le coronavirus pourrait se transmettre par postillons jusqu’à 8 mètres. La porte de sortie du virus, c’est la bouche, la porte d’entrée principale ce sont les muqueuses de la bouche et du nez. Il peut aussi pénétrer par les yeux. On peut également contracter le virus par manuportage. Lorsqu’une gouttelette infectée tombe sur un objet, elle y laisse une charge virale un certain temps. On s’infecte aussi par la main si on la porte au niveau de nos muqueuses. Il est question aussi de la présence du virus dans les aérosols. Cela voudrait dire qu’il flotterait dans l’air un certain temps. Les écrans anti-postillons (masques et visières) couvrant la bouche et le nez, permettent de retenir les gouttelettes et de protéger les autres. On ignore encore quelle est la charge virale minimum pour attraper le Covid-19. Fin avril 2020, à peine 6% de la population française a été contaminée par le SARS-CoV-2. Une proportion qui se situe loin des 60 à 70% nécessaires à une immunité collective.

Contamination des surfaces
Les virus à l’origine du Covid-19 peuvent survivre sur des surfaces de plusieurs heures à plusieurs jours en fonction de plusieurs facteurs. Le virus est détectable jusqu’à 4 heures sur le cuivre, 24 heures sur le carton et jusqu’à deux ou trois jours sur le plastique et l’acier inoxydable. Le virus est facilement inactivé en utilisant des désinfectants simples tels que ceux achetés en magasin ou une solution d’eau de Javel diluée préparée quotidiennement.

Copying
Anglicisme signifiant « faire-face ». Ensemble des stratégies comportementales et des ressources émotionnelles auxquelles recourt un individu lorsqu’il est confronté à une situation exceptionnelle ou éprouvante.

Coroapéro ou apéronavirus ou apéroskype
Apéro à distance entre amis, apéritif virtuel entre amis. Trinquer virtuellement entre amis.

Coronavirose
Infection par le coronavirus ou maladie infectieuse due à un coronavirus. Le rhume, la grippe, la pneumonie, le Covid-19 sont des maladies infectieuses causées par des virus appartenant à la famille des coronavirus.

Coronavirus (CoV)
Il s’agit d’une immense famille de virus touchant les humains et/ou les animaux possédant un génome ARN extrêmement long. Ces virus sont entourés d’une capsule de protéines en forme de couronne, qui leur vaut leur nom. Leurs hôtes préférés sont souvent les oiseaux ou les chauves-souris, mais ils peuvent muter, se recombiner et changer d’hôte, jusqu’à contaminer les humains. Ils se transmettent très facilement par voie aérienne dans les gouttelettes de salive contaminée se trouvant dans les postillons, les éternuements, les crachats (expectoration), mais encore la simple respiration à moins d’un mètre. Ils provoquent des maladies diverses et de gravités différentes comme des syndromes grippaux, le rhume, l’infection pulmonaire, etc. D’où l’importance de se protéger avec le port d’un masque à cause d’une virulence élevée, de respecter les recommandations sanitaires et d’appliquer les mesures barrières et de distanciation sociale.

Couvre-feu
Interdiction faite à la population de sortir de chez soi à partir d’une certaine heure, qui est généralement le soir jusqu'à tôt le matin (21h-6h), décrétée par une autorité (gouvernement ou tout responsable d'un pays, d'une région ou d'une ville). Ce sont de nouvelles restrictions et mesures en vigueur face au Covid-19. Ce couvre-feu qui doit être surveillé par la police, donnera lieu à des sanctions s’il n’est pas respecté : une amende de 135 euros et en cas de récidive, ce sera 1 500 euros. Dans les zones où le couvre-feu s'applique, pour toutes celles et ceux qui ont des urgences, qui rentrent du travail à 21 heures ou qui travaillent de nuit, il faut se munir d'une attestation spécifique disponible sur le site du ministère de l'Intérieur. En d'autres termes, il s'agit d'un confinement nocturne.

Covid party
Fêtes Covid-19, qui ont pour but de mettre en présence des malades porteurs du Covid-19 avec des participants non infectés, en espérant que ces derniers contractent le virus pour ensuite être hypothétiquement immunisés. Des rassemblements au beau milieu de la pandémie qui peuvent être extrêmement dangereux et exposent les gens à un risque accru d’hospitalisation et même de décès. D’autant qu’on ignore si les personnes guéries du Covid-19 bénéficient d’une protection à long terme et si des problèmes de santé pourraient perdurer après l’infection.

Covid-19
Abréviation de « coronavirus disease 2019, Co pour coronavirus, vi pour virus et d comme disease et 19 pour l’année de son apparition en 2019 » en anglais, baptisée ainsi par l’OMS et traduit par « maladie à coronavirus 2019 ». Le Covid-19 est une maladie virale, contagieuse et émergente transmise par le virus SARS-CoV-2. L’agent infectieux est un virus, le SARS-CoV-2, qui se transmet d’humains à humains. La forme sévère de cette maladie est la pneumonie. Cette épidémie, dont le premier foyer est apparu à la mi-décembre 2019 dans la métropole de Wuhan en Chine, est causée par ce nouveau virus de la famille des coronavirus. Elle s’est répandue en France à partir de la fin janvier 2020. L'Académie française recommande d'utiliser le mot Covid-19 au féminin plutôt qu'au masculin, « l’emploi du féminin serait préférable », « le genre qui devrait être le sien ». Cependant les deux genres sont admis. Que Covid-19 soit féminin ou masculin n’a aucune importance puisque les deux genres conviennent aux noms de maladies.

Covidé,e
Adjectif et nom. Relatif à la Covid-19. Qui est contaminé par la Covid-19. Personne infectée par la Covid-19 ; personne atteinte ou malade de la Covid-19 ; patient porteur du Covid-19 ou testé positif au Covid-19. Ou toute chose en rapport avec la Covid, comme une population covidée ou un été 2020 covidé. Les « covidés » pour désigner ceux qui ont contracté la maladie à coronavirus, un peu comme on dit les grippés, les enrhumés.

Covider
Verbe. Devoir apprendre à vivre de façon durable avec la Covid-19 ou avec le SARS-CoV-2, jusqu'à la découverte d'un vaccin, d'un traitement spécifique ou l'acquisition d'une immunité collective par la population. Devoir vivre dans un monde où le virus SARS-CoV-2 circule et est présent n'importe où. Il s'agit d'une maladie endémique qui ne disparaîtra pas et il est important que nous apprenions à vivre avec. Un vaccin serait une bonne chose mais des vaccins existent pour la poliomyélite et d'autres maladies et pour autant ces maladies ne sont pas éradiquées. D'autre part, nous n'aurons pas une certitude sur les effets à long terme et sur le pouvoir d'un vaccin. Par conséquent, il faut s'adapter à une cohabitation longue et changeante avec ce coronavirus, car sans doute ne va-t-il jamais disparaître, et la Covid-19 devenir une maladie avec laquelle l'humanité devra apprendre à vivre.

Covidiot
Celui ou celle qui n’a pas encore saisi la gravité de la pandémie de Covid-19 et le prouve par sa simplicité d’esprit.

Covidom
Solution de télésuivi à domicile via des questionnaires médicaux pour les patients porteurs ou suspectés du COVID-19, qui ne nécessitent pas d’hospitalisation, co-créée par l’AP-HP et Nouveal e-santé.  L’application Covidom permet de suivre médicalement des patients porteurs ou suspectés de la maladie COVID-19, sans signe de gravité, passés par les hôpitaux de Paris et Ile-de-France et rentrés à leur domicile. L’application Covidom permet de maintenir le suivi quotidien et de lancer l’alerte en cas de problème de santé. Elle permet ainsi d’éviter l’engorgement des services hospitaliers. Cette application e-santé opérationnelle depuis le 9 mars 2020 et déployée dans les hôpitaux Bichat et Pitié-Salpêtrière est disponible gratuitement sur l’App Store et Google Play.

Covidosceptique
Adjectif et nom. Celui ou celle qui minimise la maladie de Covid-19 depuis le début de la pandémie, s’affichant sans masque, critiquant les mesures barrières ou d’isolement mises en œuvre. Celui ou celle qui remet en cause le danger du virus ainsi que les mesures mises en place comme les mesures de distanciation, de port du masque ou de couvre-feu.

Covidose
Terme pléonastique à bannir du vocabulaire du COVID-19. Le professeur épidémiologiste Thierry Ancelle propose dans Médiapart de renommer le mot COVID-19 par Covidose, afin de donner un vrai nom à cette maladie, dont on va parler encore très longtemps. Voici l’avis d’Ange Bizet, lexicologue, expert en langue française : « Covidose est composé de Covid et de -ose, un des suffixes pour les noms de maladies en français. Covid est l’acronyme formé en anglais sur coronavirus disease, Co(rona), vi(rus) d(isease). C’est une forme abrégée courante du code taxonomique COVID-19 pour désigner l’affection provoquée par le virus SARS-CoV-2, dans la nomenclature internationale. En français, le sens de mal, maladie, affection, est porté par le suffixe -ose : virose, coronavirose. En anglais, cette fonction sémantique est assurée par un nom générique postposé, - disease qui est représenté par son initiale (d) dans Covid. Covid est donc déjà une maladie. L’analyse morphosémantique met en évidence que Covidose est un mot bâtard qui ajoute un pléonasme à un anglicisme. Covidose = maladie de maladie à coronavirus. Coronavirose est un dérivé normal, régulier. Pour l’usage courant, en contexte, virose est amplement suffisant. Virose et coronavirose sont des termes qui existent déjà en français. Point n’est donc besoin de créer un monstre lexical. »

Covidrome
Lieu de consultation ou centre ambulatoire pour les personnes présentant les symptômes du Covid-19.

Curarisation
Traitement médical par les curares ou des produits similaires (les curares sont des agents paralysants musculaires). Ce traitement facilite l’intubation endotrachéale, car il permet un relâchement musculaire complet. En fait, il s’agit de provoquer une paralysie musculaire en interrompant de façon temporaire et réversible la transmission de l’influx nerveux entre les nerfs et les muscles respiratoires, grâce à l’injection de curares. Cette mise au repos des muscles permet d’éviter que le patient ne lutte contre le respirateur.
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