DiCovid-19

Le dictionnaire du Covid-19

Par Henri Goursau, lexicographe, rédacteur du dictionnaire anglais/français de médecine et du dictionnaire anglais/français de dialogue médical comprenant 5000 phrases pour soignants et malades.

Premier dictionnaire français pour aider à comprendre les termes et expressions liés à la pandémie actuelle de coronavirus (Covid-19)

Quatre règles à suivre pour freiner l’épidémie de coronavirus : respecter le confinement, accomplir les gestes barrières de distanciation sociale, d’hygiène individuelle des mains et de port du masque.

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Il y a 18 noms dans ce répertoire commençant par la lettre V.
Vaccin
Les premiers résultats sur l’efficacité d’un vaccin seront probablement obtenus d’ici quelques mois. Mais pour que ce vaccin soit approuvé et produit en grande quantité à l’échelle mondiale, il faudra environ 18 à 24 mois si on se base sur l’expérience passée. Plusieurs pistes contre le coronavirus sont en cours de test comme la piste du vaccin anti-tuberculose BCG. Les laboratoires du monde entier travaillent à l’élaboration d’un vaccin contre le coronavirus. Plus de 150 projets de vaccins seraient en cours de développement dans le monde. Et certains sont déjà en phase d’essais cliniques. Si un vaccin est découvert, il devra être un bien public mondial, auquel chacun devra pouvoir avoir accès. Les vaccins sont l’enjeu central de la lutte anti-coronavirus. Seules des campagnes de vaccination massives parviendront à stopper efficacement l’épidémie du Covid-19 en immunisant un pourcentage élevé de la population. Pour lutter contre la pandémie de Covid-19 plusieurs vaccins ont été autorisés en France. C'est l'Agence européenne du médicament (EMA) qui délivre les autorisations de mise sur le marché (AMM)  pour les produits de santé en Europe. En mars 2021, il y a quatre vaccins anti-Covid autorisés en France et d'autres en cours d'examen. Le vaccin de Pfizer-BioNTech, appelé Cominarty®, est le premier vaccin autorisé en Europe, le 21 décembre 2020. Ce vaccin à ARNm est efficace à 95% après la seconde dose, pour prévenir les formes symptomatiques de la maladie. Le vaccin de Moderna, appelé mRNA-1273, a été autorisé par les instances européennes le 6 janvier 2021. Il fonctionne également avec la technologie de l'ARNm. Il est efficace à 94,1 % pour prévenir les formes symptomatiques de la Covid-19 à l'issue de la seconde dose. Le vaccin à vecteur viral d'AstraZeneca, AZD1222, a été autorisé le 29 janvier 2021 par l'Europe. Il a été suspendu quelques jours en France à cause de l'apparition de cas de thromboses, mais l'Agence européenne du médicament a de nouveau confirmé son efficacité et son innocuité. Son efficacité estimée dans les essais cliniques est de 76 %, après deux doses, selon les dernières communications d'AstraZeneca. Elle monte à 85 % pour les plus de 65 ans et prévient à 100 % les formes graves de la maladie. Le vaccin de Johnson & Johnson, appelé Janssen, est le dernier vaccin autorisé par l'Agence européenne du médicament, le 11 mars 2021. Comme le vaccin d'AstraZeneca, ce vaccin à vecteur viral utilise aussi un adénovirus qui porte la protéine S du coronavirus pour protéger contre la Covid-19 mais ne nécessite pas de rappel (une seule dose). Il est efficace à 66 % pour prévenir les formes modérées de la maladie et à 85 % contre les formes sévères. Aux États-Unis, six personnes âgées de 18 à 48 ans ont présenté, 6 à 13 jours après l'injection, des symptômes de thrombose cérébrale, conjugués avec une chute de leur niveau de plaquettes sanguines. Le dossier du vaccin russe Sputnik V est en cours d'étude par l'Europe. L'efficacité de ce vaccin basé sur un mélange de deux vecteurs viraux est estimée à 91,6 %. L'Europe étudie aussi le vaccin de CureVac, depuis le 12 février 2021. Mis au point par l'Allemagne, il utilise la technologie ARNm. Enfin, le dernier vaccin à l'étude est le vaccin Novavax, mis au point en Afrique du Sud. Selon un communiqué de presse, il est efficace à 96,4 %.

Vaccin à ARNm
Pour les vaccins ARN, dans la seringue il n’y a pas de virus, même affaibli ou inactivé. A l’intérieur, il y a ce qu’on appelle l’ARN messager. C’est un code, une instruction génétique créée en laboratoire. Une fois le vaccin injecté, la cellule lit cet ARN et produit une protéine particulière qu’on appelle le spicule du SARS-CoV-2 ou protéine S. Ce sont de petites pointes ou piques à la surface du coronavirus qui lui permettent d’infecter nos cellules. Là, ce sont nos propres cellules qui deviennent des usines à spicules ou protéines S. Heureusement, elles sont inoffensives, mais notre système immunitaire y voit quand même une attaque. Il va alors fabriquer des anticorps pour les neutraliser. En d’autres termes, le vaccin ARN contre la Covid-19 est un fragment d’ARN qui génère la protéine placée sur la surface du virus (protéine Spike du SARS-CoV-2). Si le vaccin est efficace, l’organisme va apprendre à reconnaître cette protéine externe, le spicule du SARS-CoV-2 et il va générer des réponses immunitaires protectrices, sous la forme d’anticorps et de réponses cellulaires. Et quand ces anticorps rencontreront le vrai virus SARS-CoV-2, doté des mêmes spicules, ils seront prêts à le combattre et à le neutraliser. Ces anticorps neutralisants spécifiquement dirigés contre le SARS-CoV-2 persisteraient au moins trois mois chez des patients Covid-19 après le début des symptômes. En résumé, les vaccins à ARN messager éduquent notre système immunitaire à se défendre contre le virus. Ces vaccins utilisent l’ARN messager comme un intermédiaire afin qu’il reproduise une petite portion du virus dans notre organisme sous forme d’une protéine. Il est établi que le rôle de la protéine Spike, protéine en forme de pique du coronavirus, est crucial dans le déclenchement de la réponse immunitaire neutralisant la Covid-19. Pourquoi ne pas la faire produire directement par le corps humain, en introduisant dans nos cellules la séquence génétique qui code pour la fabrication de cette protéine virale. C’est toute la magie de ce candidat-vaccin contre le Covid-19.

Vaccin à vecteur viral
Appelé aussi vaccin à adénovirus ou vaccin à partir de virus inactivé/atténué. Ce vaccin emploie un virus non pathogène pour provoquer une réponse immunitaire. C'est le cas des vaccins d'AstraZeneca et de Johnson & Johnson. Ce vaccin utilise un virus vivant mais rendu inoffensif pour l'homme, auquel on a greffé le code de la protéine S contre laquelle on veut induire une immunité, pour véhiculer une partie précise de l'ADN du SARS-CoV-2 dans les cellules afin de déclencher une réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2, et produire des anticorps capables de reconnaître le coronavirus. Des adjuvants sont par ailleurs souvent utilisés pour stimuler la réponse immunitaire face au virus inactivé. Les vaccins à vecteur viral contre la Covid-19 bloquent la protéine S, empêchant ainsi le virus d'entrer dans les cellules humaines et de les infecter.

Vaccinobus
Bus de vaccination mobile dont la cabine est transformée pour l'occasion en petit cabinet médical. Il permet d'aller à la rencontre de personnes âgées géographiquement isolées.

Vaccinodrive
Dispositif qui permet d'être vacciné tout en restant dans son véhicule et permettant d'accélérer le rythme des vaccinations. Le patient n'ayant pas besoin de sortir de sa voiture pour la consultation et pour l'administration de la dose de vaccin anti-Covid.

Vaccinodrome
Lieu d'injection d'un vaccin (salle des fêtes, gymnase, Stade de France, etc.). Lieu destiné à la vaccination.

Vaccinologie
Immunologie appliquée à la vaccination.

Vague épidémique
Signifie épidémie généralisée sur un territoire. Une épidémie peut survenir en une ou plusieurs vagues.

Variant
On parle d'un variant quand le code génétique a subi beaucoup de mutations et qu'il est donc différent du code génétique du virus d'origine. Tous les virus mutent en permanence. Et ces mutations sont des modifications qui interviennent lorsqu’ils se répliquent. Le coronavirus SARS-CoV-2, comme tous les virus, se multiplie dans l’organisme hôte qu’il infecte. Cette multiplication s’accompagne de quelques modifications du génome, encore appelées mutations. La grande majorité des mutations sont sans conséquence. Mais parfois, une mutation entraîne l’émergence d’une nouvelle souche du virus, légèrement différente, qui impacte la réponse immunitaire. Les copies n’étant pas toujours conformes. Les variants peuvent être plus contagieux que la souche originelle et donc plus transmissibles, risquant d’échapper aux vaccins, ou capables de toucher d’autres populations. À mesure que se développe l’épidémie de coronavirus, de nouveaux variants apparaissent. L’apparition de ces variants est un phénomène naturel d’évolution virale. C’est un phénomène d’adaptation du SARS-CoV-2 à la population humaine. Trois variants se démarquent au printemps 2021 : le variant anglais ou Alpha, le variant sud-africain ou Bêta et le variant brésilien ou Gamma. Un quatrième, le variant Delta a été repéré pour la première fois le 5 octobre 2020 près de Nagpur, une ville du centre de l'Inde dans l'État du Maharashtra. Il s'agit d'un mutant du SARS-CoV-2 qui résulte de quinze mutations spécifiques. Plus transmissible (40 à 60% plus contagieux que les autres variants en circulation) que les autres mutations du Covid-19, il s'est développé dans de nombreux pays du monde, où il a pratiquement remplacé le variant Alpha ainsi que tous les autres variants. Un nouveau variant du Covid-19 a été détecté le 22 novembre 2021 en Afrique du Sud, baptisé "Omicron" par l'OMS. Il présente un nombre extrêmement élevé de mutations, pas moins d'une trentaine dans sa protéine S, alors que le variant Delta n'en comptait que deux. Il serait donc plus transmissible. Plusieurs cas d'Omicron sont signalés partout en Europe et dans le monde. Les variants préoccupants de la Covid-19 ou VOC ("variants of concern" en anglais) sont souvent plus contagieux que la souche initiale. Les mutations touchent principalement la protéine responsable de l'accrochage du virus aux voies respiratoires (protéine S, comme Spike ou Spicule). Pour d'autres variants détectés, leur impact en santé publique n'est pas formellement démontré, mais leurs caractéristiques virologiques, cliniques et/ou épidémiologiques justifient le classement en variants à suivre ("variants of interest", ou VOI en anglais).

Vecteur
Porteur vivant (personne, animal) ou organisme qui transporte un agent infectieux (virus, bactérie, parasite) d’une personne infectée à une personne réceptive ou d’un hôte à l’autre et qui transmet la maladie.

Ventilateur
C’est une machine qui aide une personne à respirer en élargissant ses poumons et en lui fournissant de l’oxygène lorsqu’il est trop difficile de le faire par elle-même. En cas d’insuffisance respiratoire avec déficit ventilatoire, le ventilateur permet d’assurer une respiration efficace et de normaliser les échanges gazeux. Chaque respiration spontanée du patient est assistée par de l’air insufflé dans les poumons par le ventilateur. Le malade est relié à son ventilateur par l’intermédiaire d’un masque placé sur le visage ou d’un embout buccal. En fonction de la maladie sous-jacente, on adapte le type de ventilateur et les modalités d’administration de l’oxygène. En fonction des besoins de la personne, le ventilateur délivre de l’oxygène pur ou un mélange d’oxygène et d’air. Les ventilateurs sont essentiels dans la bataille contre le Covid-19.

Virion
Particule virale qui est intermédiaire entre les êtres vivants et les molécules inanimées. Particule virale arrivée à maturité possédant des capacités infectieuses ou forme finale de maturation d’un virus dotée des éléments structuraux de celui-ci : acide nucléique, capside, enveloppe.

Virologie
C’est l’étude des virus et des agents infectieux associés, entités de très petite taille qui ne peuvent être examinés qu’au microscope électronique. Elle cherche à décrire leur structure, leur évolution, les mécanismes par lesquels ils infectent les cellules, mais également les maladies dont ils sont la cause, les techniques pour les isoler et les cultiver et leur usage en recherche et en thérapeutique. Elle est généralement considérée comme une branche de la microbiologie ou de la pathologie.

Virose
Appelées aussi "maladies virales ou infectieuses", les viroses correspondent aux maladies ou infections provoquées par des virus se propageant dans tout l'organisme. Parmi ces viroses, l'on trouve le sida, la grippe, le rhume, l'angine, la pneumonie virale, la bronchiolite virale, l'encéphalite virale, l'hépatite virale, la dermatose virale, l'otite virale, la méningite virale, les infections à virus à ARN/ADN, le Covid-19 (maladie infectieuse émergente de type zoonose virale causée par la souche de coronavirus SARS-CoV-2), les zoonoses et bien d'autres encore. La grippe, sous toutes ses formes, est la virose la plus répandue dans le monde. Les viroses peuvent atteindre la sphère ORL, digestive, respiratoire ou pulmonaire. Les antibiotiques n'ont aucun effet sur les viroses. Les manifestations d'une virose sont la fièvre, les maux de tête, les maux de gorge, la toux, les difficultés respiratoires, l'écoulement nasal, les courbatures, la fatigue, le manque de tonus, les éruptions cutanées, les diarrhées, les nausées, les vomissements, la raideur méningée, la perte de goût ou d'odorat.

Virulence
Capacité d’un agent pathogène à produire une maladie. Aptitude d’un germe infectieux à se multiplier dans un organisme et d’y provoquer une maladie ou un état pathologique. Capacité d’un virus à induire une infection grave.

Virus
C’est un agent responsable d’une maladie mais que l’on n’arrive pas à faire reproduire en laboratoire, et qui ne peut se multiplier que dans une cellule vivante qu’il parasite. Chaque virus contient un seul type d’acide nucléique (ARN ou ADN). Le virus est un agent infectieux encore plus petit qu’une bactérie, défini par sa structure se résumant à deux ou trois éléments, selon les virus. Les virus sont donc totalement différents des bactéries ou des parasites, qui sont des cellules, ce que ne sont pas les virus. Ils sont spécifiques à un hôte si bien que leur transmission ne peut se faire qu’entre ces hôtes. Il est rare qu’un virus franchisse la barrière des espèces (de l’animal vers l’homme). Un virus inconnu de la famille des coronavirus est apparu au mois de décembre 2019, dans la ville de Wuhan, en Chine. Le terme coronavirus vient de la forme de couronne qui entoure le virus. Le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère a été baptisé SARS-CoV-2 qui est le nom scientifique, et la maladie provoquée par ce coronavirus a été nommée Covid-19 par l’OMS. Il s’agit de très gros virus à ARN (légèrement plus grands que les virus de la grippe, du SRAS et du MERS) dont le génome fait trois fois la taille de celui de virus tels que ceux de l’hépatite C ou de la dengue. Ce génome code 16 protéines impliquées dans la réplication du virus, contre 4 ou 5 habituellement. Et ce virus est bien plus contagieux que celui du SRAS ou du MERS. La famille des coronavirus provoque chez l’homme des infections respiratoires de gravité variable qui peuvent aller du simple rhume à une infection pulmonaire sévère responsable d’une détresse respiratoire aiguë. On suppose que l’un des ancêtres du Covid-19 a été hébergé chez une espèce de chauve-souris et que le virus est probablement passé sur un autre mammifère, le pangolin, avant de s’adapter à l’homme.

Virus à ARN
Virus à acide ribonucléique. Les virus à ARN peuvent provoquer diverses maladies humaines et pandémies mondiales telles que la maladie à virus Ebola, le SRAS, le MERS-CoV, la grippe, l’hépatite C, la fièvre du Nil occidental, la fièvre jaune, la poliomyélite, la rougeole et aujourd’hui le Covid-19.

Vitesse de propagation
Signifie combien de personnes, en moyenne, sont contaminées par un seul malade. On estime qu’un porteur de coronavirus contamine en moyenne 2,5 à 3 personnes. Mais un super-propagateur peut contaminer plusieurs dizaines de personnes.
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